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  • Amelie Pelletier

Des pas de danse


J’ai publié en début d’année un article sur mon blog, dans lequel j’ai brièvement parlé du regard que je porte sur moi et du fait qu’il est en partie lié avec mon intérêt pour la photographie.

Cette semaine, une amie m’a dit une phrase que je ne suis pas prête d’oublier alors peut-être est-ce pour cela que je décide aujourd’hui de publier cet auto-portrait.

Une fois n’est pas pas coutume…c’est un grand saut à valeur thérapeutique, à valeur de présentation pour ne plus être si anonyme derrière ma boîte noire mais aussi pour être plus douce avec moi-même et meilleure photographe pour les autres.


Cette année, j’ai franchi le pas de m’inscrire à des cours de danse classique.


La danse est un art qui me fascine et m’hypnotise. Avez-vous déjà vu l'incroyable film Pina de Win Wenders?

Les émotions qui parcourent mon corps lorsque j’assiste à une performance me dépassent. Je trouve cela tellement puissant d’être capable de maîtriser son corps avec autant de grâce et de rythme, de l'assumer et de le valoriser à travers les mouvements. Voir toute la magie qui se dégage d’une chorégraphie me coupe le souffle…la combinaison de la musique, des lumières, des fibres qui volent ou suivent les danseurs, les pieds nus, les muscles qui se tendent, les regards, les bras,…c’est une fascination totale pour moi. Observatrice je sens tout mon corps qui veut désespérément monter sur scène et se joindre au mouvement.


Dans la réalité, il est parfois difficile de lier mon corps à mes envies profondes. Mon cours de danse est un vrai temps d’évasion mais il y a des séquences qui me sont très difficiles. Celles où la prof nous demande de faire les exercices un petit groupe ou en diagonale et où inévitablement je suis vue. Notre groupe est super et toutes les femmes sont remplies de bienveillance. Malgré tout…sur ces moments-là, je voudrais simplement rentrer dans mon trou, je perds mes moyens, j’en oublie les pas et mon cœur bat la chamade. Hier soir, j’ai carrément baissé la tête pour danser et lorsque l’une de mes amies danseuses est venue me dire « ne baisse pas la tête quand tu danses, c’est tellement plus beau de lever la tête et de regarder. Mais c’est parce que tu es timide »…


Dans la photographie, il y a ce fossé entre l’intention et le rendu. Dans ma tête et dans mon corps, il y a aussi un fossé…celui de la peur du jugement, celui qui m’a toujours donné envie de rester caché.

Alors peut-être qu’à force de persister, de ne pas baisser les bras, j’enchaînerai mes pas de danse sans penser au regard des autres, la tête haute.


En coulisse, à pas de velours, je prépare mon entrée.